Bêta-lecteur - bien le choisir

Le Bêta-Lecteur | 5 Conseils pour Bien le Choisir

Le premier jet de votre livre (ou le second) est terminé. Voilà que vous brûlez d’impatience de le faire lire. Oui mais voilà, vous aimeriez recueillir un avis constructif sur votre roman. Et pas simplement des éloges, qui vous feront plaisir, certes, mais qui ne vous aideront pas à retravailler votre manuscrit. Vous songez à confier celui-ci à un bêta-lecteur. Excellente idée ! À ce stade de votre projet un bêta-lecteur est exactement ce qu’il vous fait. Sauf si vous le choisissez mal… Comment bien choisir son bêta-lecteur ? Voici 5 conseils pour y voir plus clair, et ne pas confier cette tâche cruciale à votre mère.

 

Votre bêta-lecteur idéal devrait connaître le monde de l’édition

Ce premier conseil est plus une recommandation. Idéalement, vous devriez choisir un bêta-lecteur qui connaisse le monde de l’édition. Ou du moins, celui de la littérature.

Pourquoi ? Parce qu’un personne qui a déjà participé à l’élaboration d’une collection, ou relu des manuscrits, travaillé pour une maison d’édition (même une petite maison d’édition indépendante), ou publié quelques livres à compte d’éditeur, aura en tête les potentielles attentes d’un éditeur.

Elle pourra donc vous aiguiller plus efficacement.

Oui, je sais, pas évident de trouver une personne ayant fait un passage par le monde de l’édition. Surtout lorsque l’on est un simple quidam et que l’on a déjà l’impression de pénétrer en terre inconnue en ayant simplement l’ambition d’écrire un livre.

Que cela ne vous arrête pas dans votre démarche. J’ai fait relire certains de mes manuscrits à des personnes qui n’avaient rien à voir avec le secteur de l’édition, mais qui avaient des qualités qui en faisaient de très bons bêta-lecteurs.

 

Choisissez un bêta-lecteur qui n’est pas trop proche de vous

Alors là, c’est un vrai conseil ! Car bien souvent la tentation est grande de faire lire son manuscrit à son amoureux, à ou sa mère, ou à son meilleur pote. Bien qu’ils soient sans doute très bien intentionnés, ces personnes de seront pas de bons bêta-lecteurs, désolée… Votre amoureux, votre mère ou votre meilleur pote sont trop proches de vous.

Si vous souhaitez recevoir des compliments ou des encouragements sur votre manuscrit, faites-le relire par votre mère. Si vous souhaitez recevoir un avis constructif sur votre manuscrit, choisissez un bêta-lecteur qui ne fasse pas partie de votre cercle proche.

Il s’agit ici d’être bien au clair avec ce que vous attendez : la bêta-lecture n’est pas une lecture de complaisance, c’est une étape de travail dans l’écriture de votre livre.

 

Trouvez quelqu’un qui partage votre sensibilité

Ok, une personne trop proche de vous semble être une mauvaise idée. Mais ne choisissez pas non plus quelqu’un qui ne comprendra absolument rien à votre univers.

Imaginez que vous fassiez relire un roman qui reprenne le principe de l’autofiction à une personne qui est fan de polars et de thrillers psychologiques… Il y a fort à parier que cette personne s’ennuie à mourir devant votre manuscrit. Il trouvera que cela manque de suspens.

 

Non, il vous faut quelqu’un qui sera réceptif à votre sensibilité d’auteur. Une personne qui n’aura pas de difficulté à entrer dans votre univers.

D’une part, cela vous évitera de devoir la convaincre du bien-fondé de votre démarche. D’autre part, vous serez plus réceptif à ses remarques lorsqu’elle vous dira que certaines choses ne fonctionnent pas dans votre roman. Et accessoirement, cela vous évitera peut-être de perdre un ami amateur de thrillers (et il vaut toujours mieux éviter de fâcher avec un amateur de thriller, à mon avis).

 

Optez pour une personne qui saura faire preuve de franchise

J’en arrive à mon 3ème conseil : trouvez-vous un bêta-lecteur qui osera vous faire des critiques. Et croyez-moi, ça n’est pas si facile.

Certaines personnes n’oseront pas vous dire que l’un de vos personnages est ridicule. Que vous avez un tic d’écriture qui finit par être agaçant (on en a tous). Que certains passages manquent d’intérêt. Ou que vos descriptions pourraient être développées car elles laissent le lecteur sur sa fin (si c’est la cas, c’est que vous avez zappé ma super méthode pour écrire des descriptions qui dépotent).

Vraiment, choisissez un bêta-lecteur qui saura faire preuve de franchise. Il vous sera précieux !

 

Lorsque j’ai travaillé sur mon roman « Dites-moi des choses tendres », j’avais fait relire mon manuscrit à une amie qui étaient connue pour son franc-parler. Je savais également que sous sa carapace se cachait une vraie sensibilité. Elle avait par ailleurs une fibre marketing dont je n’avais pas soupçonné qu’elle pourrait m’être à ce point utile.

Après avoir relu mon premier jet, elle m’avait dit « il y a plein de choses très justes. Mais je trouve que c’est parfois un peu court. Et puis surtout, on ne comprend pas bien ce qu’on a entre les mains. J’ai l’impression que ça ne pourrait pas être un livre. Peut-être devrais-tu réfléchir à un autre format ».

Blam ! Ça m’avait pas mal interpellée (et même déstabilisée). Je proposais sciemment une forme un peu audacieuse, mais je n’avais pas conscience que cela pourrait m’handicaper. Je suis revenue sur mon manuscrit. Je l’ai repris. Je me suis appuyée sur son ressenti pour corriger ce qui n’allait pas.

Quelques mois plus tard, j’envoyais mon projet à des maisons d’édition. Et l’une d’elle l’acceptait. Je sais que ça n’aurait sans doute pas été le cas, si je n’avais pas eu le retour de cette bêta-lectrice de choc (les éditeurs auraient trouvé qu’il y avait trop de travail et que ça n’était pas jouable et moi, je serais restée sur le carreau avec mon syndrome du “pourquoi eux et pas moi ?” pour unique compagnie).

 

Orientez votre bêta-lecteur

Vous avez trouvé votre bêta-lecteur idéal ? Cool !

Mais attention : lorsque vous lui remettrez votre manuscrit, ne le laissez pas sans consigne. S’il est livré à lui-même, il lira votre texte, certes. Mais il ne vous fera peut-être pas un retour aussi efficace qu’il aurait pu l’être.

Votre bêta-lecteur s’apprête à faire une lecture totalement fraîche de votre manuscrit. C’est une vraie chance pour vous qui l’avez déjà relu plusieurs fois. De cette première lecture, il faudra que vous ayez un retour qui vous servira de base de travail.

 

En ce qui me concerne voici les indications qui me semblent primordiales pour orienter un bêta-lecteur dans son travail :

– Ne pas se focaliser sur les fautes d’orthographe (surtout si vous prévoyez une relecture spécialement dédiée à la correction orthographique, ou le recours à un service de correction). Oui, cela peut surprendre, mais honnêtement, si vous avez trouvé un bon bêta-lecteur, ne gâchez pas son « talent » en lui demandant de corriger vos fautes d’orthographe. D’autres personnes seront sans doute ravies de faire une relecture orthographique par la suite.

– Noter dans la marge quand la lecture « accroche » sur quelque chose. Votre bêta-lecteur ne saura pas toujours vous dire pourquoi il a ripé à un endroit. Pourquoi ce passage n’est pas fluide. Pourquoi ce dialogue ne l’a pas convaincu (peut-être parce que vous n’avez pas utilisé ma technique incroyable pour créer des dialogues au top 😉 ). Ce n’est pas grave. Ce qui vous sera précieux, c’est de savoir à quels moments ça coince. Seule une première lecture pourra vous donner cette information.

– Indiquer ce qui fonctionne vraiment très bien. Ce qui a été jouissif à lire. Drôle. Surprenant. Déjà, cela vous fera plaisir et vous redonnera confiance (ce n’est pas rien). Et ensuite, cela vous permettra d’identifier vos points forts. Ce sur quoi vous pouvez vous appuyer.

Identifier les moments où l’on reste sur sa faim. Il peut arriver que l’on ait été un peu avare lors d’un dialogue, ou paresseux lors d’une description, ou que l’on n’ait pas exploité suffisamment une piste intéressante, ou un personnage qui avait du potentiel. Votre bêta-lecteur devra vous indiquer s’il est nécessaire de vous remettre à l’ouvrage (tant pis pour la paresse).

– Donner une impression générale sur le livre. Même s’il ne s’agit que d’un ressenti, il vous sera utile. Si votre bêta-lecteur vous dit qu’il a trouvé que votre livre était sombre, alors que ce n’était pas votre objectif, cela voudra dire que vous devrez retravailler certaines choses.

 

À vous de jouer !

Pour mettre à profit la bêta-lecture de votre livre :Bêta-lecteur - Conseils

– Choisissez quelqu’un qui ne sera pas trop impliqué émotionnellement, mais qui aura cependant une sensibilité proche de la vôtre.

– Trouvez une personne qui saura de montrer franc et constructif dans ses critiques.

– Donnez à votre bêta-lecteur des consignes claires sur ce que vous attendez de lui (je vous ai donné mes consignes à moi, mais vous pourriez très bien avoir des attentes différentes).

– Soyez prêts à entendre tout ce qui ressortira de cette bêta-lecture. Mais ayez en tête que celle-ci est une vraie chance pour votre projet de livre et qu’elle vous aidera à accoucher d’une seconde version de votre histoire qui sera encore meilleure que la première.

 

Vous voilà maintenant prêt à foncer dans le service de reprographie le plus proche pour imprimer une copie de votre manuscrit afin de le confier à votre bêta-lecteur. J’espère que cet article aura su vous aiguiller afin que vous puissiez tirer profit de cette étape cruciale dans l’écriture de votre livre.

 

Vous avez un petit truc à ajouter ? Une expérience (heureuse ou malheureuse) avec un bêta-lecteur à partager ? Laissez-moi un petit commentaire ! Je serai très curieuse de vous lire.

 

 

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