écrire un dialogue

Écrire un dialogue | La méthode ultime en 25 conseils

S’ils sont bien troussés, ils peuvent faire décoller votre récit. Mais s’ils n’ont pas été bien travaillés, ils tomberont à plat et endormiront votre lecteur aussi vite qu’une tisane de camomille. Je veux parler des dialogues. Ces scènes bien particulières requièrent une bonne technique et sont bien plus difficiles à concevoir qu’il n’y paraît. Exceller dans l’art d’écrire un dialogue n’est pas donné à tout le monde. Voici 25 conseils pour rendre vos lecteurs totalement accros à vos dialogues.

Attention : cet article comporte des exemples relativement caricaturaux (et donc, potentiellement très drôles).

 

1. Proposer un dialogue utile à l’histoire

Un dialogue est généralement un moment un peu à part pour le lecteur. Il l’est également pour l’auteur. Les passages dialogués sont en général agréables à écrire, mais pour autant, ils doivent avoir une véritable utilité pour l’histoire.

Voici quelques raisons qui peuvent justifier le recours à un dialogue dans un roman :

– Amener une coupure dans le rythme (surtout si vous sortez d’un passage très descriptif).
– Apporter de l’épaisseur à un personnage en le faisant parler.
– Distiller des informations importantes sans les noyer dans une longue description.
– Rendre le roman plus vivant.
– Développer la langue d’un personnage (surtout si sa façon de parler est un élément particulièrement différenciant).
– Renforcer l’attachement à ses personnages.
– Rendre une scène plus visuelle.

 

2. Ne pas commencer un dialogue trop tôt

L’une des premières questions qui se pose lorsque l’on commence à rédiger un dialogue, c’est de savoir en gérer la chronologie.

Je m’explique : imaginons que la scène présente deux personnages à une table de restaurant, qui ont une conversation au sujet de leur relation. Le point central du dialogue est le moment où l’un des deux va révéler son envie de mettre fin à la relation à l’autre (par exemple).

Devrez-vous commencer le dialogue sur des banalités pour arriver petit à petit à ce nœud narratif ? Devrez-vous en venir directement au but ? Bref à quel moment démarrer votre dialogue ?

En ce qui me concerne, j’ai tendance à m’appuyer sur le contexte, et à débuter le dialogue peu avant « l’impact ».

 

3. Éviter d’en faire une scène d’exposition

Entrons dans le vif du sujet :

— Jean, je sais bien que ces dernières années ont été difficiles et que nous nous sommes éloignés au point que tu as été tenté par une autre femme. Et même si je t’ai pardonné cette infidélité il y a deux ans, elle reste bien présente à mon esprit. D’autant que, rappelle-toi, je l’ai apprise peu après le décès de ma mère, et que je venais de perdre un travail que j’adorais…

Ok, je crois que là, vous êtes juste morts de rire devant votre écran tellement cette réplique est mauvaise et caricaturale (je ne sais même pas si elle aurait sa chance dans Les Feux de l’Amour).

Je sais bien que vous n’iriez pas jusque là en écrivant votre roman. Mais tout de même, évitez d’alourdir vos répliques en donnant trop de détails. Ne confondez pas dialogue et scène d’exposition.

Si vous avez bien fait votre job, tout ce contexte aura été posé bien avant, et votre lecteur saura, en voyant ces deux personnages se parler, combien leur relation est tendue.

Je vais être un peu « vache » (cette expression est so 20ème siècle) : si vous avez besoin de rappeler ce genre de détails dans un dialogue, c’est que vous n’avez pas travaillé votre roman comme il l’aurait fallu avant.

Oui, c’est dur. Mais c’est ainsi.

 

4. Inscrire son dialogue dans un contexte

Ce 4ème conseil découle un peu des précédents.

Un lecteur ne devrait jamais être obligé d’aller à la pêche aux informations en arrivant dans un dialogue. Pour éviter cet écueil, il vous faudra planter le décor. Et fournir suffisamment de détails en amont pour que votre lecteur sache ce qui est en jeu.

Pourquoi vos deux personnages se parlent avec froideur ? Pourquoi l’un des deux élude les questions de l’autre ? Pourquoi est-il mal à l’aise ?

Vous ne pourrez pas livrer le lecteur à lui-même et espérer qu’il sache ce qui met mal à l’aise votre personnage, si vous ne lui avez pas donné un peu d’informations sur son passé avant. C’est pourquoi il est important d’inscrire votre dialogue dans un contexte bien précis.

Il peut être particulièrement utile de jalonner votre dialogue de quelques phrases qui développent la psychologie du personnage. Ou qui expriment le fond de sa pensée.

écrire un dialogue téléphonique

5. Ne pas viser l’exhaustivité

Une erreur courante lorsque l’on crée un dialogue, et notamment lorsqu’il s’agit d’un dialogue téléphonique, c’est de vouloir être exhaustif. Ce souci du détail peut être très utile à d’autre moment de l’écriture d’un roman. Mais pas dans un dialogue.

Évitez donc de commencer votre dialogue avec quelque chose qui ressemblerait à cela :

— Allo ?
— Oui ? Qui est à l’appareil ?
— C’est moi. Je viens d’arriver.
— Ok.

Bon, là encore, je grossis un peu (énormément) le trait. J’imagine que vous avez saisi l’idée.

 

6. Opter pour un ton juste dans son dialogue

Il existe de multiples façons de faire parler ses personnages. D’ailleurs, au moment où vous avez préparé votre roman, il est fort possible que vous ayez décidé d’attribuer un registre de langue particulier à l’un ou à l’autre de vos protagonistes.

Comment écrire un dialogue qui sonne juste ? C’est très simple : soyez attentifs au contexte dans lequel vous avez choisi de faire évoluer vos personnages. Collez à leur âge, à leur époque, à leur niveau d’éducation, à leur environnement professionnel, etc.

Si vous écrivez un dialogue entre potes, il sera différent selon qu’il s’agit d’un groupe de lycéennes dans un pensionnat huppé ou d’une équipe de footballeurs en train de se changer dans un vestiaire.

On conseille souvent aux apprentis écrivains de s’appuyer sur les clichés pour que leurs dialogues sonnent juste. C’est-à-dire de faire parler un cadre supérieur avec un vocabulaire plus recherché qu’un ouvrier. Ce n’est pas un mauvais conseil, dans la mesure où certains vocables enverront fatalement un message à celui qui les lira. À vous de ne pas avoir la main trop lourde en matière de cliché.

Il n’y a pas de formule magique. Mais il vous faudra être particulièrement vigilant. Et parfois développer un champ lexical dans lequel piocher pour avoir le ton juste.

 

7. Utiliser le langage parlé de manière intelligente

S’il y a un endroit de votre roman où le langage parlé peut être utilisé, c’est bien dans un dialogue ! Alors, allez-y lâchez-vous !

Cependant, vous vous apercevrez assez vite que vous ne pourrez pas parler dans vos dialogues comme vous parlez dans la vraie vie.
La subtilité est de se rapprocher du langage parlé, jusqu’à une certaine limite.

Si par exemple, vous deviez retranscrire une de vos conversations à l’écrit, vous vous rendriez très vite compte que celle-ci est truffée de « euh », de « en fait », de « tu vois », etc. Et que la plupart du temps, vous ne finissez pas vos phrases, vous passez du coq à l’âne, etc.

Bref, impossible de retranscrire littéralement une conversation sans perdre le lecteur en route. Le jeu est donc de se rapprocher le plus possible d’une langue parlée, sans se fourvoyer.

 

8. Comment écrire un dialogue ? Faites court !

La plupart du temps lorsque l’on écrit un dialogue, on devrait ensuite le reprendre avec un sécateur. Mon conseil : relisez et coupez.
Votre scène dialoguée doit être vive et réveiller le récit.

Surtout, évitez les dialogues qui s’étendent sur plusieurs pages, ou les longs monologues interminables. Venez-en au fait, sinon vous perdrez votre lecteur.

Faites court ! Pas comme moi, dans cet article 😉

 

9. On doit toujours savoir qui parle

Ça vous est déjà arrivé de commencer à lire un dialogue et de vous demander qui parle ?

Oui, ça peut arriver. Parfois lorsque l’on écrit un livre, l’intrigue nous semble tellement évidente que l’on oublie de semer des petites indications qui faciliteront la vie à notre lecteur.

À ce sujet, la relecture par une personne extérieure, qu’il s’agisse d’un bêta-lecteur ou de l’éditeur qui suivra votre travail, sera vraiment primordiale.

Si un correcteur vous écrit dans la marge que l’on n’identifie pas très bien qui parle. Ne vous posez pas de question, revoyez votre dialogue et apportez des éléments qui permettront d’identifier le personnage qui s’exprime.

Rien de pire pour un lecteur que de devoir revenir en arrière pour chercher un indice qui l’éclairera sur ce qu’il se passe.

Il y a une exception à cela : si vous cherchez à mettre en place un effet de suspens, évidemment, vous jouerez sur le flou (mais avec subtilité).

 

10. Gérer les incises avec légèreté

Ok, vous allez me dire « mais Cécile, qu’est-ce que c’est qu’une incise ? ».

C’est très simple, et vous connaissez ça par cœur. Une incise, c’est le verbe qui ponctue une phrase de dialogue. « Dit-il », « répondit-elle », « rétorqua-t-il », « cria-t-elle », etc. Je vous avais dit que vous connaissiez ça par cœur.

L’idée, c’est de gérer les incises avec légèreté. Elles sont nécessaires, mais pas à chaque ligne. La plupart du temps, lorsque l’on pose bien le contexte, les incises peuvent disparaître.

On évitera par exemple ceci :

— Qu’en penses-tu ? lui demanda-t-il.
— Je n’en sais rien, répondit-elle.
— Mais enfin, ça ne peut pas te laisser indifférent ! s’exclama-t-il.
— Je sais bien, Julie. J’aimerais avoir un avis, mais c’est ainsi, soupira-t-elle.

 

J’ai déjà vu que l’on conseillait aux auteurs de n’utiliser que les verbes « dire » et « répondre » en guise d’incises. Par expérience (et parce que je sors d’une séance de relecture d’épreuves avant impression où l’on m’a demandé de remplacer de nombreux verbes « répondre » et « dire »), je vous conseille de recourir à des synonymes et de varier les incises.

 

11. Ne pas hésiter à proposer un début de dialogue un peu abrupt

L’une des choses que j’aime particulièrement avec les dialogues, c’est que l’on peut en profiter pour y bousculer son lecteur. N’hésitez donc pas à proposer un début de dialogue un peu abrupt.

Une phrase inattendue, une question qu’on n’avait pas vue venir, etc. Vous avez le choix des armes.

C’est le moment d’attiser la curiosité du lecteur ou de le sortir de sa petite routine. Il sera d’autant plus curieux de découvrir la suite de votre dialogue.

 

12. Se méfier des dialogues en incipit

Ok, ce que je vais vous dire va un peu à l’encontre du point précédent. Mais je me dois de vous prévenir. J’ai remarqué que lorsque l’on écrit un premier roman, on est souvent tenté de le commencer par dialogue.

Moi-même, lorsque j’ai écrit mon premier manuscrit, j’ai placé un dialogue en incipit. Mon objectif était clair : je voulais attiser la curiosité de l’éditeur qui me lirait, le déstabiliser, lui en donner trop peu pour qu’il sache exactement ce qu’il se passait, dans l’espoir qu’il lirait les pages suivantes pour avoir l’explication.

Raté : mon manuscrit a été refusé par tous les éditeurs auquel je l’ai soumis (je ne saurais jamais si c’est à cause de ce dialogue en incipit, bien sûr).

Cette technique peut fonctionner. Mais elle peut également vous coûter cher si vous ne la maîtrisez pas parfaitement. Car elle peut provoquer l’agacement dès les premières lignes.

Mon conseil : si vous n’êtes pas sûr de vous, préférez un début moins audacieux, quitte à venir très rapidement au dialogue, immédiatement après les premières lignes par exemple.

 

Dialogue dans un roman

 

13. Ne pas bâcler la chute de son dialogue

Comment finir un dialogue ? Eh oui, parfois, la difficulté n’est pas d’écrire un dialogue mais de le terminer. Ça vous est déjà arrivé d’avoir dit tout ce que vous aviez à dire dans votre scène dialoguée mais ne pas savoir la finir pour autant ?

Vous éviterez cet écueil si l’objectif de votre scène est justement d’amener votre lecteur à une sorte de révélation finale, qui sera le point d’orgue et la dernière phrase de celui-ci.

Mais c’est parfois plus difficile de savoir comment s’arrêter.

Là, il serait compliqué de vous donner un conseil-type. C’est vraiment du cas par cas. Ceci dit, si vous sentez que « ça patine », c’est qu’il temps de clore votre dialogue (c’est sans doute le cas depuis quelques répliques, en réalité).

Il s’agira parfois d’introduire un élément extérieur en guise d’interruption : un téléphone qui sonne, un objet qui tombe, une personne qui entre dans la pièce.

Ou bien encore de faire comprendre à votre lecteur que le dialogue est terminé par une phrase du type : « Voyant qu’elle ne reviendrait pas sur sa décision, il préféra ne pas insister ».

 

14. Utiliser cette respiration à juste titre

Pour bon nombre de lecteurs, un dialogue est une sorte de respiration dans le récit. C’est un moment où l’on quitte la description, où le ton peut être plus léger. En général, c’est un moment où le lecteur relâche son attention.

D’ailleurs, même visuellement, un dialogue est plus light.

Sachez utiliser les dialogues au bon moment et pensez à les placer judicieusement lorsque vous élaborerez le plan détaillé de votre roman.

Permettez à votre lecteur de relâcher son attention en lui donnant quelques répliques savoureuses. Il sera content de goûter à quelque chose de léger (surtout s’il sort d’un passage un peu corsé). Mais rattrapez-le par le colbac assez rapidement, en allant titiller sa curiosité.

C’est très technique.

Bien utilisé, un bon dialogue permettra de relancer le récit ou de clôturer un chapitre en installant une tension dramatique qui poussera le lecteur à commencer le chapitre suivant sans tarder.

 

15. Un dialogue doit avoir du relief

Placer un dialogue dans son récit, c’est envoyer un signal fort à son lecteur : ici, il va se passer quelque chose. Sinon, pourquoi auriez-vous pris la peine de créer un dialogue ?

Cette promesse intrinsèque doit donc être tenue. Là où vous positionnerez un dialogue, il devra se passer quelque chose. Pas question d’endormir le lecteur. Au contraire.

Le dialogue doit avoir du relief par rapport au reste du récit. Il doit faire ressortir la personnalité des protagonistes à travers leur façon de parler. C’est presque contractuel.

 

16. Utiliser judicieusement les prénoms des personnages dans ses dialogues

Lorsque vous parlez à quelqu’un dans la vraie vie, est-ce que vous ponctuez votre conversation de son prénom ?

— Qu’en penses-tu, Jean ?
— Je n’en sais rien, Julie.
— Mais enfin, Jean, ça ne peut pas te laisser indifférent !
— Je sais bien, Julie. J’aimerais avoir un avis, mais c’est ainsi.

Les prénoms de vos personnages sont à utiliser judicieusement dans vos dialogues. Si vous collez avec la réalité, normalement, vous ne devriez pas vous tromper.

 

17. Ne pas lésiner sur la ponctuation

Vous aimez les points d’exclamation ? C’est le moment de vous faire plaisir.

La ponctuation sera votre meilleur atout pour aider vos personnages à exprimer l’intensité de leurs émotions. Le trouble, la colère, la déception, la surprise… Rien de tel que quelques points de suspension ou d’exclamation bien placés pour enfoncer le clou.

 

18. Alterner la longueur des répliques de son dialogue

Ce n’est évidemment pas une règle absolue, et il peut arriver que votre dialogue ne nécessite que des répliques courtes. Mais, il peut parfois être judicieux d’utiliser cette astuce pour rompre la monotonie d’une scène dialoguée.

Si vous le pouvez, essayez d’éviter une succession de répliques très longues. Cela aurait pour effet de lasser votre lecteur, et réduirait l’intérêt de votre dialogue.

 

19. Ne pas avoir à expliquer les émotions de celui qui parle

Alors… dans la vraie vie, je suis plutôt favorable au fait d’exprimer clairement ses émotions dans une véritable conversation. Plutôt que d’envoyer des messages subliminaux en espérant que l’autre saura les interpréter.

Ceci dit, je vous déconseille de faire cela dans votre dialogue.

Pour la simple raison que votre roman a un avantage indiscutable sur la vraie vie : la narration. Le contexte, les émotions, les peurs, les blessures, etc. sont expliqués à votre lecteur bien avant qu’il n’arrive à la lecture du dialogue. Pas besoin d’épiloguer.

On évitera donc :

— Je suis très en colère, Jean. Ça me déplaît fortement que tu aies revu cette fille avec laquelle tu m’as trompée il y a quelques années.

Cela reviendrait à gâcher votre dialogue pour rien. Par contre, vous pourrez faire ressentir la contrariété de votre personnage à travers ses répliques, ainsi que grâce au contexte dont vous entourerez celles-ci.

 

20. Limiter le temps de parole des interlocuteurs

Si vous souhaitez que votre dialogue soit un tant soit peu vraisemblable, il serait judicieux de ne pas laisser vos personnages parler trop longtemps.

Je m’explique : dans une conversation normale, combien de temps réussissez-vous à parler avant d’être interrompu ? Selon votre interlocuteur, cela peut varier de 3 mots à quelques phrases (on ne compte pas vos séances avec votre psy, qui est payé pour vous écouter parler pendant une heure).

Dans la mesure du possible, il faudrait pouvoir coller à cette réalité. Mon astuce serait donc de limiter le temps de parole de vos personnages.

Attention, si un monologue est nécessaire dans l’intrigue que vous avez construite, ne vous en privez pas. J’y ai moi-même recours parfois (le livre sur lequel j’ai travaillé récemment comporte un monologue d’une page). Mais ne transformez pas une simple conversation en une succession de monologues inutiles.

 

21. Utiliser le dialogue pour transmettre des informations de manière subliminale

Voilà une chose qui est particulièrement jouissive lorsque l’on travaille sur une scène dialoguée. Distiller de petites informations, dont vous savez qu’elles vont travailler votre intrigue en arrière-plan.

C’est ce que j’ai essayé de faire par exemple dans l’un de mes romans, lors d’un dialogue entre un frère et sa sœur. La discussion a l’air anodine, mais j’ai utilisé les incises pour montrer qu’au-delà de cette simple conversation, il se passe quelque chose dans la tête du frère.

Je vous montre :

– Tu oublies Mélanie Boden, quand j’étais en troisième, dit-il en regardant sa femme qui se dirigeait vers la maison.

La conversation évoque le couple parfait que le frère est censé former avec sa femme. Sauf que lui, sans que rien n’ai été dit nulle part ailleurs dans le roman, il sait que quelque chose cloche entre eux, et que la distance se creuse.

En posant ce petit caillou dans l’incise, cela permet d’instiller un petit quelque chose que l’on fera grossir un peu plus tard. Le lecteur ne le perçoit pas encore, mais ce détail (surtout s’il se répète ailleurs ou d’une autre manière) travaillera en tâche de fond.

 

22. Cultiver les singularités des personnages

Le dialogue peut être une manière redoutable de faire émerger les traits de caractère et les particularités de vos personnages. D’autant plus si vous avez choisi de les doter d’une « langue » particulière.

Je vous donne 2 exemples :

1. Votre personnage a des tics de langage. Il est évident que ses répliques auront une saveur particulière (en plus de réduire considérablement les incises). Cette astuce marche particulièrement bien lorsque l’on écrit en littérature jeunesse.

2. Votre personnage a des goûts ou des angoisses bien à lui. Profitez-en pour glisser une petite allusion au détour d’une réplique. Cela mettra de la couleur dans votre dialogue et votre lecteur adorera ces petits clins d’œil que vous lui ferez.

 

écrire un dialogue

 

23. Donner au lecteur de quoi visualiser la scène

L’un des écueils les plus fréquents, surtout lorsque l’on écrit un premier roman, c’est de considérer qu’un dialogue est juste une scène où deux personnages se parlent. En réalité, c’est bien plus que cela.

N’oubliez pas d’utiliser le langage non-verbal

Comme dans la vraie vie, un dialogue entre 2 personnes relève à la fois du langage verbal, et du langage non-verbal. Un visage qui se crispe, une main qui se serre autour d’une fourchette, un regard fuyant… autant de petits signes qui parlent pour vous, et malgré vous.

Je vous assure que si vous utilisez judicieusement ce genre de détail, votre dialogue gagnera en épaisseur et que cela vous permettra de faire une grande différence.

 

Faites bouger vos personnages

Vous savez ce qui différencie une scène ennuyeuse d’une scène vivante ? Le mouvement. Si vous vous contentez de simplement faire parler vos personnages comme s’ils étaient figés, votre dialogue ne fonctionnera pas.

Votre personnage est exaspéré ? Il ne restera pas de marbre à débiter une réplique après l’autre comme si de rien n’était. Il bougera nerveusement dans la pièce, se retournera subitement à chaque nouvelle parole de son interlocuteur, remettra en place les coussins pour la cinquantième fois, déplacera des objets pour se donner une contenance, etc.

Ajoutez ce genre de détail à votre dialogue (sans en faire des caisses non plus), et vous ferez mouche (je ne sais même pas si cette expression est toujours d’usage au 21ème siècle).

 

24. Soigner la typographie en écrivant son dialogue

Tiret, guillemets… quelles sont les règles typographiques à respecter lorsqu’on écrit un dialogue ? Vous souhaitez soigner la typographie de votre dialogue et vous avez raison.

 

Les guillemets

En fait, cela va être très simple.

En général, on a recours aux guillemets pour ouvrir et fermer la séquence dialoguée. Mais cette règle tend à disparaître, si bien que vous pouvez vous passer d’utiliser des guillemets sans que ce soit un souci.

 

Le tiret cadratin

Par contre, vous ne pourrez pas passer outre le tiret cadratin !

Qu’est-ce que c’est que cette bête-là ?

Ok, ouvrez un livre, trouvez un dialogue, regardez les tirets qui démarrent chaque réplique. Vous les voyez ces tirets qui sont plus longs que la normale ? Eh bien, voilà, je vous présente le tiret cadratin.

Autant pour les guillemets, vous pourrez vous simplifier la vie. Autant pour les tirets cadratins, vous ne pourrez pas y couper. Au risque de devoir repasser sur l’intégralité de votre manuscrit au moment de l’envoyer à un éditeur.

Pas de panique, faire un tiret cadratin est très simple : touche alt + touche ctrl + touche – du pavé numérique = un tiret cadratin, qui ressemble à cela —.

 

Les tabulations

Dernière recommandation typographique : méfiez-vous des tabulations que votre logiciel de traitement de texte pourrait vous coller de façon systématique.

Chaque réplique devra avoir un décalage par rapport au texte (une tabulation). Par contre, Word a tendance à caler tout le texte qui viendra à la suite en gardant ce décalage. Or seule la première ligne devra être décalée, et le reste du texte, quant à lui, devra revenir à la justification normale.

 

25. Lire les dialogues à haute voix

Ok, ça fait beaucoup de choses pour un simple dialogue. Mais ça en vaut la peine. Un bon dialogue, c’est tellement savoureux !

Mon dernier conseil, si vous avez des doutes sur le dialogue que vous venez d’écrire : prenez votre plus beau surligneur, relisez-vous à voix haute. Et chaque fois que vous accrocherez sur quelque chose, surlignez. Si cela ne coule pas tout seul, c’est que vous devez y revenir pour l’améliorer.

 

Comment écrire un dialogue ? À vous de jouer !

écrire un dialogue

Bon, j’ai essayé de vous lister tous mes conseils pour que vous réussissiez vos dialogues comme des pros.

Il vous semble que j’ai oublié quelque chose ? Vous avez vos propres trucs pour écrire un dialogue qui dépote ?

Hey… soyez cool : laissez-moi un petit commentaire pour nous donner votre recette secrète !

 

 

 

 

 

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