Technique pour créer des personnages de roman

Exercice magique pour créer un bon personnage de roman

Il vous est peut-être déjà arrivé d’essayer de construire un bon personnage pour votre roman, et de vous apercevoir que quelque chose chez lui clochait. Bien souvent, un personnage qui ne « fonctionne » pas est un personnage qui n’est pas assez ancré dans le réel. Qu’il s’agisse du héros de votre histoire ou d’un simple personnage secondaire, il doit respecter ce principe de vraisemblance. D’accord me direz-vous, mais est-ce que ça s’apprend quelque part ce truc de la vraisemblance ? Eh bien oui, créer un bon personnage de roman, ça s’apprend. Et même que j’ai un petit exercice magique pour vous y aider !

 

Pourquoi les lecteurs s’attachent-ils à un personnage ?

Un bon personnage de roman est bien plus qu’un simple acteur dans l’intrigue : il est une passerelle émotionnelle pour le lecteur.

Pour qu’un personnage soit attachant, il doit être authentique, complexe et confronté à des dilemmes qui résonnent avec le public. Par exemple, un héros doté de forces, mais aussi de failles humaines, devient immédiatement plus crédible et engageant. Les lecteurs s’identifient aux luttes et aux aspirations du personnage, surtout si celles-ci sont ancrées dans des émotions universelles comme l’amour, la peur ou le désir de justice.

On ne va pas se mentir, rendre un personnage crédible demande une bonne dose de travail (mais, paradoxe ultime, le résultat final doit donner une impression de naturel absolu). Cela passe par l’élaboration d’une psychologie cohérente, d’objectifs clairs et de réactions réalistes face aux défis.

 

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Exemples de personnages de roman réussis (et pourquoi ils sont mémorables)

Certains personnages marquent durablement les lecteurs grâce à leur complexité, leur profondeur et leur capacité à susciter des émotions fortes. Voici quelques exemples et les raisons de leur succès.

 

Elizabeth Bennet (Orgueil et Préjugés, Jane Austen)

Elizabeth est inoubliable pour son intelligence, sa vivacité d’esprit et sa détermination à rester fidèle à elle-même malgré les pressions sociales. Sa capacité à reconnaître ses propres préjugés et à évoluer au fil de l’histoire la rend profondément humaine.

 

Jay Gatsby (Gatsby le Magnifique, F. Scott Fitzgerald)

Gatsby incarne le rêve américain et ses illusions. Son charme, sa détermination et son obsession pour Daisy le rendent fascinant, mais ses failles tragiques exposent les dangers de vivre dans le passé.

 

Atticus Finch (Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Harper Lee)

Atticus est mémorable pour son intégrité morale et son courage. Son rôle de père aimant et d’avocat défendant la justice dans un contexte de ségrégation raciale fait de lui un modèle d’humanité et d’empathie.

 

Severus Rogue (Harry Potter, J.K. Rowling)

Rogue est un personnage complexe dont les véritables motivations restent floues jusqu’à la fin. Son mélange de dureté apparente, de loyauté et d’amour tragique en fait l’un des personnages les plus nuancés et appréciés de la série.

 

Ces exemples montrent que des personnages mémorables possèdent souvent des qualités universelles (comme le courage ou l’amour), mais aussi des défauts ou des mystères qui les rendent uniques. En travaillant sur ces éléments, vous pouvez donner vie à des protagonistes inoubliables.

 

Comment rendre un personnage crédible ?

Un personnage crédible est un personnage qui « vit » aux yeux du lecteur. Pour cela, il doit posséder une personnalité cohérente, des motivations claires et des réactions en adéquation avec son caractère et ses expériences.

Voici quelques pistes :

  • Une psychologie réaliste : prenez le temps de développer sa façon de penser, ses peurs, ses aspirations et ses conflits internes. Ces aspects rendent le personnage humain et facilitent l’identification du lecteur.
  • Des contradictions : comme dans la vraie vie, vos personnages doivent avoir des failles. Un héros trop parfait ou un méchant caricatural risquent de paraître artificiels. Par exemple, un protagoniste courageux peut aussi souffrir de doutes ou de culpabilité.
  • Des relations riches : développez ses interactions avec d’autres personnages, car elles révèlent ses facettes cachées. Ses relations doivent être crédibles, qu’elles soient conflictuelles, affectueuses ou ambivalentes.
  • Une évolution au fil de l’histoire : un personnage figé dans ses comportements perd de son intérêt. Construisez un arc narratif qui le transforme en fonction des événements et des défis rencontrés.

Rendre un personnage crédible demande de la profondeur et de la cohérence. C’est cette authenticité qui captera l’attention et l’affection de vos lecteurs.

 

 

L’importance de la backstory

La backstory, ou histoire passée d’un personnage, est essentielle pour ancrer ses actions et décisions dans une réalité tangible. Elle donne une profondeur psychologique au personnage, le rendant plus vivant et plus intéressant. Voici pourquoi elle est cruciale :

  • Elle donne du contexte : pourquoi votre héros refuse-t-il de faire confiance aux autres ? Pourquoi votre antagoniste est-il obsédé par le pouvoir ? La backstory répond à ces questions en fournissant des éléments qui justifient leurs choix.
  • Elle permet de créer des dilemmes émotionnels : un événement marquant du passé, comme une trahison ou un échec, peut influencer les décisions du personnage et le confronter à des dilemmes puissants.
  • Elle renforce l’empathie : en révélant des moments clés de sa vie, vous permettez aux lecteurs de mieux comprendre et, souvent, d’éprouver de l’empathie pour le personnage, même s’il s’agit d’un antagoniste.
  • Elle enrichit l’intrigue : la backstory peut devenir un moteur narratif. Par exemple, un secret du passé qui refait surface peut bouleverser l’équilibre de l’histoire.

La clé est d’intégrer la backstory de manière subtile et progressive, sans alourdir le récit. Quelques allusions bien placées suffisent souvent à planter le décor et à nourrir l’imaginaire du lecteur.

 

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Éviter les stéréotypes dans la création de personnages fictifs

Les stéréotypes, bien qu’attrayants par leur simplicité, risquent de rendre vos personnages fades et prévisibles. Pour les éviter, il est conseillé de s’éloigner des clichés et de doter vos personnages de caractéristiques uniques.

Par exemple, un détective perspicace peut aussi être maladroit dans ses relations personnelles, ou un antagoniste cruel peut montrer des moments de vulnérabilité inattendus.

Utilisez des fiches personnage pour explorer les multiples dimensions de vos protagonistes et enrichissez leurs arcs narratifs avec des dilemmes et des choix qui bousculent les normes.

 

 

Exercice pour créer un bon personnage de roman en 4 étapes

Passons maintenant à la pratique. L’idée ici n’est pas (encore) de vous faire travailler sur le personnage de votre roman (si vous souhaitez le faire, ma masterclass propose tout un module à ce sujet). Mais de vous aider à travailler sur la consistance d’un personnage et de muscler votre imaginaire.

Cet exercice d’écriture se déroule en 4 étapes :
– L’observation
– La déduction
– L’identification
– L’extrapolation

Et si possible dans cet ordre, parce que sinon ça fonctionne moins bien. Il s’agit ici de partir d’un point de vue extérieur pour ensuite travailler notre personnage de façon de plus en plus fine et précise.

Allez hop, assez parlé. On passe à l’action.

 

Découvrez la Masterclass « Écrire son roman« .

 

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1. L’observation

La première étape de cet atelier d’écriture consiste à aller travailler, ou à se promener, ou à se poser tranquillement dans un parc, ou sur une plage… Trop facile.

Oui, mais il va falloir être en mode observateur tout de même, sinon ça ne serait pas un exercice d’écriture, mais une simple flânerie (je n’ai rien contre, mais on n’est pas là pour ça).

Vous allez donc choisir une personne parmi celles qui seront à votre portée. Et ensuite, il s’agira de l’observer.

Ça peut être cette dame aux chaussures jaunes qui a décidé de poser sa serviette de bain à côté de la vôtre sur la plage. Oui, même si vous auriez eu envie qu’elle la pose un peu plus loin, sa serviette. Ou encore cette jeune mère de famille qui perd son calme devant le toboggan. Ou ce vieil homme qui balaie devant sa supérette de bon matin.

Comment est-elle habillée ? Quel âge peut-elle avoir ? Comment marche-t-il ? A-t-elle une façon particulière de parler (le genre de détail qui pourrait s’avérer utile pour pimenter un dialogue un peu fade) ? Ou de tenir son balai ? Ou de courir ?

Bref, vous observez de façon active. De manière à remarquer le moindre détail. Et surtout, pas de jugement. On a tous connu des hauts et des bas (moi-même, je suis en train de rédiger cet article en jogging…).

 

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2. La déduction

La deuxième étape de l’exercice consiste à jouer au jeu des déductions.

Vous avez remarqué que la jeune mère boitille légèrement. Essayez d’imaginer quelle est la raison de ce boitillement. Si elle se montre agacée, émettez des hypothèses pour expliquer cet agacement.

Vous avez noté que la dame de la plage portait des couleurs vives ou des vêtements amples. Ou au contraire, des vêtements sombres et très ajustés. Imaginez alors la raison de ce choix. Peut-être tente-t-elle de se mettre en valeur, ou au contraire de se cacher. Ou bien encore est-ce le reflet de son état intérieur…

Il y a beaucoup de choses à déduire à partir du langage corporel, de l’attitude générale, de la façon de parler, ou du choix des vêtements.

Que vos hypothèses soient vraies ou pas, ça n’est pas le problème. Vous êtes en train de mener un travail d’écrivain en essayant de travailler un personnage. Il ne s’agit pas d’un travail journalistique, mais bien d’un exercice d’imagination. Même si celui-ci vient tremper sa plume dans le réel.

 

3. L’identification

C’est peut-être ici que l’exercice se corse un peu. Mais c’est peut-être également ici qu’il commence à devenir intéressant.

Il va falloir vous glisser, pendant quelques instants, dans la peau de ce personnage en puissance que vous avez choisi d’observer. Et cela afin d’endosser ses émotions.

Le but est de prendre sa place (métaphoriquement) pour essayer de ressentir ce qu’il vit. Car la partie psychologique est l’une des choses les plus importantes pour créer un bon personnage pour votre histoire.

Cette maman qui crie sur ses enfants. Que vit-elle exactement ? Quelles émotions la traversent ? Est-ce que ça lui fait du bien de crier ? Ou au contraire cela l’amène-t-elle à culpabiliser davantage encore ?

Ce vieil homme qui balaie les mégots devant la vitrine de son magasin. Qu’est-ce qu’il se passe dans sa tête ? Est-il agacé de voir que les gens montrent aussi peu de respect pour des lieux que lui vénère ? Est-il blasé ? Ou au contraire finira-t-il cette corvée avec le sentiment du devoir accompli et la satisfaction de pouvoir observer son bout de trottoir de nouveau immaculé ?

Ensuite, vous poserez des mots sur tout cela. Vous verrez que c’est assez bluffant.

 

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4. L’extrapolation

Allez dernière petite étape de cet exercice d’écriture. Et peut-être la plus amusante… L’extrapolation.

Essayez d’imaginer ce qu’il s’est passé avant, et ce qu’il va se passer ensuite. Évidemment, vous pouvez inventer (sauf si vous avez des dons d’oracle, sait-on jamais).
Inventez ce qu’il va se passer immédiatement après que le vieil homme aura fini de balayer son bout de trottoir. Ou dans une heure, lorsque la mère de famille épuisée rentrera de la promenade au parc avec des enfants rassasiés de jeux. Ou ce soir, lorsque la dame aux chaussures jaunes rentrera de la plage.

Qui vont-ils retrouver ? À qui vont-ils parler ? Que diront-ils s’ils doivent raconter leur journée à quelqu’un ?

Là encore, la seule limite sera votre imagination. Et c’est ce qui est formidable lorsque l’on doit créer un personnage pour un roman.

 

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Pourquoi cet exercice est intéressant pour améliorer ses personnages ?

Créer un bon personnageCet exercice d’écriture est l’un de mes préférés. Et cela pour plusieurs raisons :

– Il peut se pratiquer n’importe où et n’importe quand. Vous pouvez croiser des gens partout, et tous ont une histoire. Tous vivent quelque chose et sont traversés d’émotions. La matière première est inépuisable.

– Il permet de développer votre capacité d’observation. Et remarquer ce que les autres ne voient pas, je trouve que c’est une grande force dans la vie.

– Il permet de travailler sur l’empathie. Oui, je trouve que dès que l’on observe une situation, on a tendance à vite pencher du côté du jugement. Avec cet exercice, non seulement on corrige cela, mais en plus on apprend à poser des mots sur les émotions.

– Il fait travailler l’imagination. C’est peut-être l’une des choses qu’on a le moins besoin de travailler lorsque l’on se met à écrire (enfin, en principe). Mais toutes les occasions sont bonnes pour muscler notre imagination, non ?

 

Alors oui, créer un bon personnage, ça ne s’improvise pas. Mais j’espère que ce nouvel exercice vous aidera à fabriquer vos prochains personnages d’une façon amusante. Et bien sûr, si vous en tenez un qui a du potentiel, gardez-le bien en tête. Notez tous les détails. Ils vous seront sans doute utiles lorsque vous lui ferez sa petite fiche personnage 😉

 

Pour aller plus loin : suivez la Masterclass « Écrire son roman« .

 

 

7 commentaires

  • isabelle yvelin

    Cet article est vraiment très origiinal.
    J’ai fait un tour sur ton blog et j’aime beaucoup son design sobre ainsi que le ton que tu utilise. Je pratique la morphopsychologie (discipline qui permet d’associer des traits de personnalité aux traits du visage) et cet article me renvoie à un petit exercice auquel je m’adonne : donner un visage à un personnage de fiction grâce à la descritpion de l’auteur (description psychologique), par exemple je me dis : à quoi ressemblerait la vraie Scarlette o’Hara.
    @+ Isabelle

    • Cécile

      Merci Isabelle !
      C’est intéressant ce que tu racontes. Et finalement, un peu le processus inverse de celui de mon petit exercice, ou du moins, ce qui viendrait si on passait du côté du lecteur 🙂

  • Celine Newstart

    Hello Cécile, merci beaucoup pour ton partage d’exercice. Grâce à ton article je réalise que je pratique intuitivement et mentalement depuis toute petite cet exercice. Pour moi c’est quelque chose d’amusant et de naturel d’imaginer des personnages derrière une vraie personne, sans la connaître. Une question : as-tu déjà fait cet exercice en partant de personnes que tu connais personnellement ou pars-tu toujours de personnes inconnues ? Merci à toi pour ce partage.

    • Cécile

      Bonjour Céline,
      Pour cet exercice, je pars de personnes inconnues. Il m’arrive de m’inspirer de personnes que je connais, mais dans ce cas, je procède un peu autrement 🙂

  • Nouvel_raina

    Merciii pour ce super article, on voit tout de suite que vous vous y connaissez, bravo pour tout, compter sur moi pour vous recommendez!!!

  • Lili-Rose

    Bonjour, je voulais vous remercier pour ce belle article ! C’est une très bonne idée ! Ça m’a beaucoup aidé pour la création de mes personnages et c’est aussi très amusant à faire !! 😉🤗

  • Diane Gingras

    Bonjour,

    Je suis à compléter ton Kit de démarrage qui me renvoit à cet exercice magique.

    J’aime la procédure présenté en étapes claires pour améliorer son personnage et je vais l’utiliser.

    Et comme il est dit dans un commentaire précédent, c’est un jeu que je joue souvent moi aussi juste pour le plaisir mais cette fois-ci je vais l’appliquer dans l’écriture de mon roman.

    Merci Cécile pour ces conseils qui vont dorénavant faire partie de ma boîte à outils d’écrivaine.

    Une fille contente de connaître ton blog.

    Diane du Québec

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