Gérer les suppressions

Bien gérer les suppressions dans un manuscrit

Lors de la phase de correction de votre manuscrit, il est fort probable que vous ayez à gérer des suppressions. Vous le constaterez assez vite, au début, supprimer des passages entiers, ça fait un peu mal. Vous y avez consacré du temps. Vous vous êtes attaché(e) à un passage en particulier. Ou, dans certains cas extrêmes, vous avez eu une vision tellement précise de cette scène que vous teniez absolument à ce qu’elle figure dans votre histoire. Oui, gérer les suppressions dans un manuscrit relève parfois du crève-cœur. Voici donc quelques astuces pour vous aider à appuyer sur la touche « supprime » de votre clavier pour nettoyer votre manuscrit de tout ce qui l’encombre…

 

Les différents types de suppressions dans un manuscrit

En tant qu’écrivain, j’établis une sorte de hiérarchie dans les suppressions. Et selon leur importance, elles seront plus ou moins difficiles à opérer.

On retrouvera ainsi :

  • Les petites suppressions : quelques mots, ou une phrase. Qui pourront être supprimés sans état d’âme. Qui vous supplient même de les oublier au plus vite.
  • Les suppressions de plusieurs lignes ou de plusieurs paragraphes, qui vous poseront plus de cas de conscience. Parce que ça représente un peu de travail tout de même.
  • Les grosses suppressions : un chapitre, un personnage, etc. Là, vous aurez le sentiment qu’on vous enlève un organe. Et puis très vite, vous vous rendrez compte que votre roman vit beaucoup mieux sans eux. Qu’il est plus léger, plus fluide, plus facile à lire, etc.

 

Pour aller plus loin : MASTERCLASS « Écrire son roman »

 

À quel moment supprimer un passage de votre manuscrit ?

Lors de la phase de relecture de votre manuscrit, traquez les moments où « ça coince ». Vous savez, tous ces passages qui ne s’enchaînent pas de façon fluide. Toutes ces petites choses sur lesquelles la lecture vient échopper.

Vous aurez déjà un début de réponse.

Soit, il ne s’agira que d’une maladresse et il vous suffira de la corriger ou de reformuler les choses.

Soit votre passage sera vraiment bancal, faible, pas fluide etc. et dans ce cas, il deviendra essentiel de vous poser la question : ce passage est-il essentiel ?

Si la réponse n’est pas un vrai oui, alors supprimez-le.

 

 

Supprimer un personnage de son roman

Il en va de même pour les personnages.

Si tel personnage n’a pas vraiment de relief dans votre histoire. Qu’on ne retient pas son prénom. Qu’on se demande à quoi il sert (sauf dans une ou deux scènes). Supprimez-le.

Il peut arriver que certaines caractéristiques de ce personnage aient tout de même de l’intérêt. Dans ce cas, en le supprimant totalement, il y aura un petit manque. Ça vous fera un petit pincement au cœur à chaque fois que vous y repenserez.

La solution sera de le fusionner avec un autre personnage (c’est-à-dire que vous attribuerez ses spécificités, ses actions et ses lignes de dialogue à un autre personnage, qui s’en trouvera renforcé).

 

Gérer les raccords après les suppressions dans un manuscrit

Attention, plus la suppression sera conséquente, plus vous devrez être vigilent(e) aux raccords. C’est-à-dire à la façon dont la nouvelle version de votre texte s’écoulera.

Avant de supprimer un personnage, notez bien toutes les conséquences que cela aura sur votre histoire pour pouvoir répercuter toutes les modifications à apporter.

 

Petite astuce pour éviter les états d’âme

Ok, vous avez du mal à appuyer sur la touche « effacer » et à voir disparaître des pans entiers de votre roman.

Si cela peut vous rendre les choses plus simples, faites un copié-collé du texte supprimé dans un fichier spécifique. Ainsi, vous n’aurez pas la sensation de le perdre totalement. Et peut-être même vous sera-t-il utile sur un autre projet.

 

La règle à suivre pour savoir quoi supprimer dans un manuscrit

Gérer les suppressions dans un manuscritLa seule règle qui doit guider votre décision, c’est l’utilité pour votre histoire.

Ça ne veut pas dire que ce que vous avez écrit est mauvais. C’est juste que ça n’est pas utile dans cette histoire.

Y compris des idées que vous adoriez et autour desquelles vous avez carrément construit un chapitre entier.

Il m’est arrivé pour chacun de mes livres de devoir supprimer des choses dont j’étais persuadée qu’elles seraient géniales dans cette histoire. Je ne pouvais me résoudre à accepter qu’elles n’apportaient rien au récit, voire même qu’elle l’handicapait.

Et je peux vous garantir qu’il vaut mieux faire ce genre de constat lors de la phase de relecture-correction, plutôt qu’au moment de signer le Bon à tirer pour l’impression…

 

Pour aller plus loin : MASTERCLASS « Écrire son roman »

 

L’avantage de l’expérience

Si cela peut vous rassurer, au plus on progresse dans le métier, au plus il est facile de procéder à des suppressions dans ses romans.

Mes éditrices sont souvent surprises du fait que je supprime des passages entiers quand ils ne fonctionnent pas. Ou que je ne mette que quelques jours à réduire le nombre de caractères de mon manuscrit, lorsqu’il est trop long.

Mais je peux vous dire que cela les rend d’autant plus réceptives quand au contraire, je tiens à conserver un passage qu’elles me suggéraient de supprimer 🙂

 

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