Bienfaits de l'écriture

Bienfaits de l’écriture sur le corps | 7 expériences étonnantes

Tous ceux qui écrivent le savent déjà : écrire fait du bien. Vous-même, vous avez sans doute pu constater les bienfaits de l’écriture sur votre humeur à de nombreuses reprises (calme retrouvé, apaisement, enthousiasme, etc.). Et ça n’est pas pour rien que l’écriture est utilisée en art-thérapie pour soigner des troubles psychologiques ou aider des personnes atteintes de dépression. Mais saviez-vous que l’écriture pouvait également avoir un impact sur le corps ? Cette théorie a soulevé l’intérêt de nombreux chercheurs. Et la littérature universitaire et scientifique commence à compter un nombre conséquent d’essais et d’articles sur le sujet. J’avoue que c’est une thématique passionnante. C’est pourquoi j’avais envie de vous faire un article un peu moins littéraire aujourd’hui pour vous présenter 7 expériences scientifiques totalement bluffantes, qui achèveront de vous convaincre que l’écriture  est décidément une activité assez magique.

 

 

1 – Les bienfaits de l’écriture sur le système immunitaire

S’il y a bien un chercheur que le sujet des bienfaits de l’écriture passionne, je crois que c’est James W Pennebaker. En effet, lorsque l’on commence à s’intéresser au sujet des effets de l’écriture sur le corps, on constate que celui-ci y a consacré de nombreuses études et une grande partie de sa vie.

La plus connue de ses études a été menée il y a plus de 20 ans, sur un groupe d’étudiants de l’Université du Texas, à Austin (où il enseigne d’ailleurs toujours, au sein du Département de Psychologie).

 

Les étudiants volontaires pour cette étude, étaient séparés en deux groupes :

– Les membres du premier groupe devaient écrire chaque jour pendant vingt minutes sur les pires événements de leur vie.

– Ceux du deuxième, quant à eux, devaient écrire sur des événements insignifiants ou neutres.

 

Six semaines plus tard, tous les étudiants furent soumis à des tests sanguins.

Ceux du premier groupe affichaient un net renforcement de leur système immunitaire : tous leurs marqueurs s’étaient améliorés et leur bien-être psychique avait sensiblement augmenté, contrairement aux membres du second groupe.

 

2 – Impact de l’écriture thérapeutique sur la charge virale de patients atteints du VIH

En 2004, quelques années après son étude sur un échantillon d’étudiants, Pennebaker mena une étude similaire, en collaboration avec l’Université d’Auckland en Nouvelle-Zélande. Mais cette fois-ci sur un groupe de patients atteints du VIH.

Dans cette étude, 37 patients infectés par le VIH furent invités à écrire de façon thérapeutique et émotionnelle 30 minutes par jour pendant 4 jours. Le nombre de lymphocytes CD4+ et les charges virales du VIH ont été mesurés régulièrement après l’exercice d’écriture. Et l’étude a montré que les défenses immunitaires du groupe avaient considérablement augmenté.

 

 

3 – Des personnes atteintes d’asthme et d’arthrite qui vont mieux grâce à l’écriture

En 1999, le psychologue américain Joshua Smyth a publié un article sur les bienfaits de l’écriture sur le corps,  dans le Journal of the American Medical Association. Il y relate les résultats d’une travail de recherche mené entre octobre 1996 et décembre 1997, auprès de 107 personnes souffrant d’asthme et d’arthrite.

Il avait été demandé à une partie de ces patients de décrire le moment le plus difficile de leur vie. Dans le même temps, un autre groupe devait décrire journée banale.

 

Après 4 mois, les patients asthmatiques du groupe expérimental montraient des améliorations dans la fonction pulmonaire. Et les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde du groupe expérimental présentaient des améliorations de leur santé. Alors que les patients du groupe témoin ne montraient aucun changement.

On sait que les bienfaits de l’écriture pour lutter contre la maladie ont également été démontrés dans des études sur le cancer.

 

Journaling

 

4 – Une meilleure récupération des patients qui écrivent

En 2013, les chercheurs de l’université d’Auckland ont mené des recherches qui renforcent elles aussi l’hypothèse des bienfaits de l’écriture sur le corps humain.

Ici l’échantillon était composé de 49 personnes âgées de 64 à 97 ans qui devaient subir une biopsie sur le bras, quelques semaines plus tard.

Ces personnes étaient invitées à écrire (pendant 20 minutes, trois jours d’affilée) :

– soit sur des événements bouleversants,

– soit sur des activités quotidiennes neutres.

 

Après 2 semaines, tous les sujets ont subi une biopsie. Le processus de cicatrisation a ensuite été photographié pour chacun d’entre eux.

11 jours après l’intervention, 76% du groupe qui avait expérimenté l’écriture thérapeutique étaient complètement guéris (contre 42% dans le groupe témoin).

 

« Nous pensons que l’écriture d’événements pénibles a aidé les participants à donner du sens aux événements et à réduire leur détresse », expliqua Elizabeth Broadbent, professeure de médecine à l’Université d’Auckland en Nouvelle-Zélande et coauteure de cette étude, publiée en juillet dans Psychosomatic Medicine.

 

5 – Un système cardiovasculaire apaisé par l’écriture

Et côté cœur, qu’est-ce que ça donne ? Eh bien côté cœur, l’écriture a des effets intéressants aussi.

Mais attention, même si Pennebaker (oui, toujours lui) a montré que le fait d’écrire ses sentiments les renforçait, je vous parle ici des bienfaits de l’écriture sur votre système cardiovasculaire et non sur votre état amoureux.

En 2019, un article, publié dans le Psychosomatic Medicine : Journal of Biobehavioural Medicine, relate une étude menée sur un groupe de 109 hommes et femmes récemment séparés ou divorcés (tous des cœurs brisés, d’une certaine manière). On demanda à ces personnes d’écrire pendant 20 minutes par jour, pendant 3 jours consécutifs.

 

Les participants à l’étude furent répartis en trois groupes :

– Le groupe 1 était invité à écrire sur leurs sentiments les profonds et les plus liés à leur séparation.

– Les membres du groupe 2 devaient écrire sur leurs sentiments sur le divorce, mais dans un cadre défini et en se concentrant essentiellement sur la façon dont s’était passée la séparation.

– Le groupe 2 devait écrire sans émotion au sujet d’activités quotidiennes.

 

À la fin de l’étude, les participants du groupe 1 (auxquels on avait demandé un plus fort engagement émotionnel et un travail plus profond) avaient une fréquence cardiaque plus faible que les participants des deux autres groupes. Ce qui est signe de bonne santé.

 

Thérapie et écriture

 

6 – Les bienfaits de l’écriture sur les troubles du sommeil

En 2011, les deux chercheuses Nancy Dindon et Amy Koble se sont penchées sur les bienfaits de l’écriture sur notre sommeil. Et plus particulièrement, sur l’impact que pouvait avoir le journal de gratitude sur celui-ci (c’est-à-dire, le fait de se focaliser sur les bonnes choses que l’on a vécues où sur les personnes pour lesquelles on a de la gratitude car elles ont eu un impact positif sur notre vie ou sur notre journée).

Cette étude portait sur un groupe d’étudiants qui avaient des problèmes persistants de sommeil en raison d’un cerveau sur-stimulé (vous connaissez les pensées qui vous assaillent sans relâche au moment où votre mental devrait juste se mettre sur pause ?).

Il semblerait que l’écriture d’un journal de gratitude aurait aidé les sujet de l’étude à calmer leur esprit et à mieux dormir.

 

Pour l’anecdote, quelques années plus tard, Michael Scullin, un spécialiste du sommeil à l’université de Baylor a également mis en lumière que la to do list du soir (c’est-à-dire noter ce que l’on aura à faire le lendemain, avant d’aller se coucher) permettait d’améliorer le sommeil. Et surtout d’éviter de recourir à des aides extérieures ou d’ordre médical pour s’endormir. Pas mal, n’est-ce pas ? Quand je vous dis que les listes, c’est la vie !

 

 

7 – Améliorer la concentration et la mémoire en écrivant

En 2001, K. Klein et A. Boals ont publié les résultats d’une étude portant sur les bienfaits de l’écriture sur la mémoire, dans le Journal of Experimental Psychology.

Les deux chercheurs avaient travaillé sur un échantillon de 35 étudiants de première année (oui, les étudiants sont souvent pris comme sujets d’étude par les chercheurs. C’est normal, ils les ont sous la main).

On avait demandé à ces étudiants d’écrire sur pensées et émotions à propos de leur intégration à l’université. Dans le même temps, un autre groupe écrivait sur des sujets neutres et de manière moins émotionnelle.

 

Il apparut que ceux qui écrivaient sur des sujets banals ne virent pas de grands changements sur leur concentration.

Par contre, ceux qui avaient écrit de manière plus impliquée et plus émotionnelle montrèrent de meilleures capacités de mémoire (et ceux auxquels l’exercice avait permis d’évacuer des pensées négatives eurent de meilleurs résultats que ceux qui avaient exprimé des pensées positives sur le même sujet).

L’une des conclusions de l’étude était que le fait d’écrire permettait de réduire les pensées parasites et donc d’améliorer les capacités de concentration et de mémorisation.

 

Dans le même genre, des chercheurs de l’Université de Chicago ont également montré que les étudiants faisant preuve d’anxiété avant un examen avaient de meilleures notes lorsqu’ils prenaient le temps de poser par écrit leurs émotions, juste avant de passer leurs épreuves.

 

Les bienfaits de l’écriture ne dispensent pas d’un traitement médical

Les bienfaits de l'écritureOui, tout cela rend très optimiste, et l’on serait bien tenté de s’en remettre à l’écriture plutôt qu’à un traitement médical ou à un accompagnement thérapeutique.

Mais évidemment, les choses ne sont pas aussi simples.

Même si tous ces travaux de recherche montrent que la pratique de l’écriture a un impact positif sur la santé (tout comme de nombreuses autres activités artistiques), je me dois également de vous dire que d’autres études tout aussi sérieuses ont montré qu’à elle seule, une pratique artistique ne peut pas tout faire.

Ça aide, mais ça ne fait pas tout.

 

 

Mais disons que c’est tout de même rassurant de se dire que toutes ces heures passées sur nos manuscrits vont allonger notre espérance de vie, voire même améliorer notre état de santé 😉

 

PS : si vous souhaitez commencer votre traitement au plus vite, voici un article qui vous donnera une posologie adaptée pour commencer à écrire et faire entrer l’écriture dans votre vie (aucun effet secondaire négatif à déplorer à ce jour) !

 

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