envoi manuscrit éditeur

Comment rédiger une lettre d’accompagnement ?

Vous avez passé des mois à écrire votre manuscrit. Puis d’autres mois à le relire, le corriger, le relire encore et encore. Et le corriger tout autant. Mais là, ça y est. Vous tenez entre les mains la version finale de votre roman. Et vous voici prêt(e) à l’envoyer à une maison d’édition. Vous avez fait une petite sélection de celles où vous vous sentiriez bien. Gallimard, Grasset, Le Seuil, POL, Flammarion, ou encore de plus petits éditeurs dont vous aimez la production littéraire. Les enveloppes sont sur la table. Votre manuscrit a été imprimé en plusieurs exemplaires en prévision de ce moment. Oui, mais voilà… Il va falloir joindre à celui-ci une lettre d’accompagnement (euh… oui, c’est obligé). Ce document, crucial, sera sans doute la première chose que l’éditeur lira de vous. Avant même votre roman. Pas question de se griller. Mais comment faire pour retenir l’attention et donner toutes les chances à votre livre d’atterrir dans la pile des manuscrits à lire en priorité ?

 

Les mentions obligatoires qui doivent figurer sur la lettre d’accompagnement

C’est peut-être la base, mais je m’en voudrais de ne pas vous en parler, votre lettre d’accompagnement doit comporter quelque éléments obligatoires.

Votre nom, votre prénom, une adresse, un numéro de téléphone, une adresse mail. Ça me semble un bon début. L’essentiel est que l’éditeur dispose de tous les éléments nécessaires pour vous contacter, si d’aventure il avait envie de le faire. Oui, je sais, c’est exactement ce dont on a envie quand on envoie un manuscrit à une maison d’édition, de donner envie à l’éditeur de nous contacter

Ça serait dommage qu’il ne trouve pas l’information, non ?

Si vous avez un compte Instagram qui cartonne ou une page Facebook suivie par de nombreux abonnés, vous pouvez indiquer leur « adresse » en dessous de ce petit pavé qui regroupe vos coordonnées. Si l’éditeur est curieux, il ira peut-être y faire un tour. Ça peut toujours servir…

 

production éditoriale

Montrer que l’on connaît la production éditoriale de la maison d’édition

En principe, lorsque vous avez sélectionné les maisons d’édition auxquelles vous souhaitiez envoyer votre manuscrit, vous vous êtes penché sur leur ligne éditoriale. Qu’ont-elles publié qui vous a plu et qui vous a laissé penser que votre projet pourrait les intéresser ?

Le premier paragraphe de votre lettre d’accompagnement devra refléter cela. Les éditeurs sont très sensibles au travail de tri que vous avez pu mener pour sélectionner la maison d’édition adéquate à votre projet de roman. Ils apprécient les auteurs qui viennent à eux en ayant une réelle connaissance de leur ligne éditoriale, car cela est le signe qu’en principe, ils ne perdront pas leur temps en commençant à lire un manuscrit qui n’a rien à voir avec la soupe.

Mentionnez l’offre éditoriale de la maison d’édition. Indiquez les titres récents qui vous ont particulièrement marqué. Mais faites cela de manière subtile et fluide. En gros, on ne doit pas vous voir venir à des kilomètres.

 

Présenter son projet de roman

Bon, l’éditeur qui ouvrira votre courrier n’est pas bête. Il se doute bien que, si vous prenez la peine de lui écrire, ça n’est pas juste pour vanter ses choix éditoriaux. D’ailleurs le manuscrit qui accompagne votre lettre d’accompagnement lui donne un indice palpable quant à vos réelles intentions.

Il est temps d’en venir aux faits : parlez-lui de votre projet.

 

Le pitch de votre livre

Il s’agit de “pondre” quelques lignes, et pourtant je vous assure qu’il est fort possible que ces quelques lignes vous prennent un temps infini. Cet exercice est terriblement compliqué. Il vous faut pitcher votre livre. En bon français : le résumer en une ou deux phrases fortes qui donneront envie de lire votre manuscrit.

Hum, je ne sais pas pourquoi, mais je sens que vous allez avoir besoin d’un exemple de pitch…

Pour mon premier roman, Vladimir et Clémence, le pitch donnerait cela : c’est l’histoire d’un photographe un peu myope qui tombe amoureux d’une femme invisible pleine d’espièglerie.

Cette première phrase sert d’accroche. Elle doit avoir un effet « splash », c’est-à-dire surprendre l’éditeur et titiller sa curiosité.

 

Votre intention d’auteur

Après avoir posé votre pitch, vous pouvez prendre quelques lignes pour décrire quelle est votre intention d’auteur avec ce projet de roman. Avez-vous cherché à replonger le lecteur dans un univers particulier ? Explorez-vous une problématique spécifique ? Avez-vous voulu retracer l’histoire d’un personnage ? Explorer un fait divers ? Tester une narration particulièrement originale ?

Bref, expliquez brièvement ce que vous lui proposez et en quoi ce livre est différent de tout ce qui s’est fait jusqu’alors. Mais… toujours de manière subtile. Pas de flagornerie ou d’auto-congratulation, bien souvent, ce n’est pas trop le genre des maisons d’édition (surtout si vous leur présentez un premier roman et que vous n’avez pas pignon sur rue).

 

Réussir sa lettre d'accompagnement

 

Se présenter, même si l’on n’a encore rien publié

Les éditeurs achètent un projet de livre, certes. Mais ils signeront un contrat d’édition avec un écrivain. Et je peux vous dire qu’ils aiment savoir à qui ils ont affaire.

Ne soyez pas timides, présentez-vous.

C’est votre premier roman. Vous n’avez aucun titre de gloire. Pas de souci. Surtout résistez à la tentation de broder pour vous inventer un destin d’écrivain. Ne mentionnez surtout pas la petite douzaine de vos amis qui ont adoré votre livre quand vous leur avez demandé de jouer les bêta-lecteurs (si c’est le cas, c’est peut-être que vous n’avez pas bien choisi vos bêta-lecteurs…). Ça ne vous rendra pas service aux yeux d’un éditeur.

Jouez la modestie, et pourquoi pas l’humour.

 

Donner le ton du livre dès la lettre d’accompagnement

Votre lettre d’accompagnement est le lieu où vous pourrez montrer de quoi vous êtes capable, et ce que vous avez à proposer.

Je crois que l’on devrait s’en saisir comme d’une opportunité pour montrer de quel l’on se chauffe, en tant qu’auteur.

Vous écrivez du feel good ? Votre style repose en grande partie sur le décalage ou le cynisme ? Vous n’avez pas de mal avec l’auto-dérision ? Foncez ! Servez-vous de votre présentation pour montrer à quoi ressemble ce style qui vous est particulier. Si c’est original et bien fait (j’insiste, n’en faites pas des caisses non plus), cela vous fera marquer quelques points.

Si je devais me présenter comme primo-romancière pour une collection un peu feel good, j’écrirais sans doute quelque chose dans ce goût-là :

« Ce livre est mon premier roman. Pour le moment, mon seul titre de gloire est d’avoir remporté un concours de natation synchronisée lorsque j’avais douze ans (bien que la presse en ait peu parlé à l’époque), et de maîtriser comme personne le lancer de serviette sale dans le tambour de la machine à laver (je songe d’ailleurs très sérieusement à faire homologuer ce record dans le Guiness Book). »

 

Rester ouvert à toute proposition

Pour conclure votre lettre d’accompagnement, qui ne devra pas dépasser une page (un peu comme la lettre de motivation qui vous servira à décrocher un nouveau job), faites simple.

Invitez l’éditeur à découvrir votre texte. Remerciez-le pour le temps qu’il va vous consacrer. Et indiquez-lui que vous êtes à sa disposition, si jamais il avait envie d’échanger avec vous au sujet de ce roman que vous lui proposez (tu parles, que vous êtes à sa disposition pour en parler !).

Arrivé à cette partie, il est fort possible que votre lecteur ait légèrement décroché. D’ailleurs, si vous avez suffisamment bien fait le taf avant, il est déjà en train de tourner les premières pages de votre manuscrit.

 

Rédiger une lettre d'accompagnement

Faut-il faire une lettre d’accompagnement si l’on envoie son manuscrit par mail ?

Cet article concerne plutôt les envois postaux. Mais sachez que vous avez parfois la possibilité d’envoyer votre manuscrit par mail.

Dans le cas d’un envoi par mail, votre message servira de lettre d’accompagnement. Il sera un peu plus court, mais devra toutefois reprendre le même esprit que la lettre d’accompagnement classique.

Vous pourrez ôter le pavé de texte qui contient vos coordonnées. À condition de les avoir indiquées sur la page de garde de votre manuscrit. De la même manière, vous pouvez raccourcir un peu les formules de politesse qui sont d’usage dans un courrier papier, mais pas du tout essentielles pour un mail.

 

 

Rédiger une lettre d'accompagnementEh bien j’espère que cet article vous aidera à passer la sacro-sainte épreuve de la rédaction d’une lettre d’accompagnement pour votre manuscrit.

L’exercice est loin d’être simple, mais il faut vraiment que vous voyiez cela comme une occasion de montrer qui vous êtes et ce que vous avez à proposer à une maison d’édition.

Et puis après tout, vous venez d’écrire un livre tout entier. Ça n’est pas une simple lettre qui va maintenant vous arrêter !

 

 

 

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