La récolte d'idées pour un livre

La méthode qui fait décoller la récolte d’idées

Vous avez un sujet de roman, peut-être un ou deux personnages. Vous savez déjà comment se terminera ce livre qui n’est pas encore écrit… À ce stade, les idées fourmillent. Elles arrivent sans prévenir et n’ont pas forcément de lien les unes avec les autres. C’est à la fois enthousiasmant et… flippant. Voilà que le doute vous envahit : allez-vous réussir à écrire ce livre, sans vous laisser submerger ? Commençons par  gérer la récolte d’idées, si vous voulez bien. Comment ne pas perdre de bonnes idées ? Ou au contraire, comment faire le tri ? Bienvenue dans la phase de récolte d’idées, le commandant de bord vous conseille d’attacher vos ceintures, car nous risquons de traverser quelques zones de turbulences. Mais rassurez-vous, si vous suivez cette méthode pour collecter les idées avant de démarrer l’écriture d’un livre, vous devriez arriver à bon port. À la fin de cet article, vous n’aurez plus qu’une envie : ouvrir les vannes de votre créativité (et vous précipiter dans une papeterie pour acheter des post-it).

 

Ouvrir les vannes de sa créativité pour récolter un maximum d’idées

 

Autant vous prévenir, dans cet article, je vais vous demander de faire quelque chose de totalement contre-intuitif (enfin, dans notre société où tout est toujours calibré). Vous allez devoir « ouvrir les vannes ».

Vous les sentez, toutes ces petites idées qui viennent frapper à votre porte et qui vous supplient de leur ouvrir ? Quelques-unes ont déjà réussi à entrer. D’autres attendent encore poliment que vous les y autorisiez.

Cette phase, personnellement, je la trouve aussi excitante que flippante. Parce que quand on s’apprête à ouvrir les vannes de sa créativité, on ne sait pas trop quelle va être l’ampleur du flux. Et si j’avais trop d’idées ? Et si je n’avais pas assez d’idées ? Et si je n’avais que de mauvaises idées ? Et si je laissais passer une idée de roman qui dépote sans jamais réussir à la retrouver ? Vous voyez le genre…

Rassurez-vous, tout va bien se passer.

 

Mes conseils pour ouvrir les vannes de sa créativité :

– Autorisez-vous à le faire. Oui, je sais que dit comme cela, ça paraît être un conseil d’écriture vraiment très bête. Mais depuis des années, votre cerveau a été reprogrammé pour laisser sa créativité en sommeil. On lui a fait comprendre qu’elle n’avait pas sa place dans une vie remplie d’obligations familiales et professionnelles. Comment voulez-vous qu’il comprenne que désormais, c’est ok ?

–  Durant la phase de récolte d’idées, laisser venir toutes les idées, sans faire de tri. On ouvre grand les bras et on accueille tout ce qui vient. Cela ne veut pas dire que l’on va tout utiliser, mais concrètement, on ne sait pas encore ce que l’on va utiliser. Ne vous bridez pas : vous venez de dire à votre cerveau qu’il pouvait se lâcher. Ce n’est pas pour lui poser des barrières, juste ensuite.

 

Débuter la récolte d’idées avec la méthode des post-it

Et là, vous allez me dire « c’est très bien tout ça, Cécile. J’ouvre les vannes de la créativité. Je m’autorise à avoir plein d’idées (même des mauvaises). Mais concrètement qu’est-ce que j’en fais ? Comment je m’organise ? ».

Et là, je vous réponds : très bonne question.

Et je complète un peu ma réponse (sinon, je sens que je vais avoir des problèmes…).

 

Notez tout

Dès qu’une idée vient, vous notez. Ne commentez pas cette erreur monumentale qui consiste à se dire que les bonnes idées reviendront forcément à un autre moment.

Mais vous allez faire mieux que simplement noter, vous allez commencer à organiser un peu les choses. C’est là qu’intervient ma méthode des post-it. Pour chaque idée, un post-it, que vous collerez sur un mur dédié à votre projet. Là, vous vous rendrez très vite compte que certaines idées se marient très bien entre elles. Que des groupes commencent à se constituer. Bref, qu’un début de roman commence à s’organiser sur votre mur.

 

Faites des blocs d’idées

N’hésitez pas à créer des zones sur votre mur. Moi, j’utilise du masking tape pour créer des colonnes. Je mets un post-it de couleur rose en haut de chaque colonne. Ces colonnes peuvent déjà être des chapitres. Mais si c’est plus flou, ce n’est pas grave. Si vos colonnes ne sont que des thématiques, mettez le nom de la thématique sur votre post-it rose.

Dans chaque colonne, vous viendrez coller tous vos post-it (chez moi, ils sont jaunes). Si des connexions se font entre les éléments d’une colonne ou d’une autre, vous pourrez le gérer de deux façons :

– Soit vous les liez avec un fil (du fil de couture, par exemple) et des punaises.

– Soit vous numérotez vos post-it et inscrivez sur l’idée concernée une petite note pour vous rappeler qu’il y a une connexion avec une autre idée dans une autre colonne.

À ce stade du travail, on ne cherche pas à établir le plan d’un livre. On se contente d’accueillir les idées et de leur donner une consistance.

 

Soulagez votre cerveau

Lorsque vous écrivez une idée sur un post-it (ou ailleurs), c’est un peu comme si vous disiez à votre cerveau : « C’est ok, cette idée est prise en charge. Elle ne risque plus de disparaître. Tu n’as plus à la gérer ».

Cela aura pour effet immédiat de laisser la place à d’autres idées, qui ne seraient pas venues si vous n’aviez pas libéré le flux. J’espère que ce dernier point n’est pas trop « ésotérique » pour vous (chez moi, cela fait sens, mais je suis parfois un peu bizarre dans ma façon de penser les choses).

 

Utilisez un carnet

Il se peut que votre journée vous amène à quitter votre fameux espace de travail, et à vous éloigner du mur sur lequel vous inscrivez vos idées. Oui, vous savez, le travail, le ménage, la vie…

Dans ce cas, vous noterez vos idées sur un carnet. Et lorsque ce sera possible pour vous, vous les post-iterez (du verbe post-iter que mon correcteur d’orthographe ne reconnaît pas du tout !) sur votre mur.

 

Dérouler ses idées avec la méthode de l’arborescence

Si la méthode des post-it ne vous inspire pas, ou que vous ne disposez pas d’un grand mur sur lequel il sera possible de la mettre en place, alors je vous invite à tester la méthode de l’arborescence.

En vrai, je suis certaine que vous connaissez déjà cette méthode, qui permet de structurer ses idées. On appelle également cela le mindmapping, la carte mentale ou carte heuristique. Il s’agit d’une méthode pour organiser ses idées de façon visuelle. Cela peut servir pour écrire un livre, mais également pour bien d’autres domaines de votre vie.

La méthode de l’arborescence sera particulièrement utile aux personnes qui pensent les choses en créant des connexions entre elles, plutôt que de façon linéaire ou chronologique.

 

Et là, vous allez me dire : « Ok, Cécile, elle a l’air cool, ta méthode de l’arborescence (ou du mindmapping, ou de la carte mentale). Mais concrètement, ça se passe comment ? ».

Et là, je vous réponds que ce n’est pas ma méthode. Le concept du Mindpapping a développé par Tony Buzan il y a bien longtemps.

 

Comment réaliser une carte mentale

Vous pouvez réaliser une mindmap sur ordinateur (il existe même des logiciels pour cela). Mais vous pouvez également la faire sur papier. Choisissez de préférence une grande feuille (type A3).

Écrivez le sujet de votre livre (ou son titre) au centre de la feuille.

Ensuite, déployez des branches principales, auxquelles se raccrocheront des branches secondaires. Les branches principales de cette arborescence correspondront à vos thématiques ou questions principales. Les branches secondaires seront toutes les idées qui vous viendront par association d’idées, les sous-thèmes, etc.

 

L’intérêt de l’arborescence

L’arborescence vous oblige à vous focaliser sur une thématique précise à un moment donné, et à vous poser toutes les questions possibles sur celle-ci. En principe, quand vous n’aurez plus de branches secondaires à ajouter, vous aurez le sentiment d’avoir creusé le sujet de façon complète.

 

La méthode de l’arborescence et la méthode des post-it sont une bonne entrée en matière pour gérer votre récolte d’idées. Elles permettent de gérer le flux qui vous viendra très vite après avoir décidé de commencer à écrire un livre. Si je devais reprendre l’image utilisée en introduction, je dirais que ces deux méthodes sont très adaptées à votre phase de décollage.

Je vais cependant vous donner quelques autres conseils pour faire durer un peu cette phase, et faire venir à vous des idées supplémentaires, qui vous seront utiles dans votre projet d’écriture. Abordons maintenant la phase stabilisation du vol (je n’ai pas trouvé mieux pour qualifier cette étape en poursuivant la métaphore de l’aviation, désolée).

 

Écouter ses personnages même s’ils n’existent pas encore

Lorsque l’on commence à écrire un roman, il se passe un phénomène un peu étrange, mais qui est pourtant de très bon augure. Il arrive parfois que des bouts de dialogues nous arrivent comme par magie. Vous êtes dans bus, vous regardez tranquillement défiler le paysage en repensant à une scène de votre roman.

Et là, vous avez vos personnages qui se mettent à prendre vie (enfin, dans votre tête, hein) et à se parler. Cette scène n’existe nulle part ailleurs, elle n’a même pas encore été écrite, et pourtant vous la voyez (comme si vous étiez en train de repenser à la scène d’un film que vous avez regardé la veille).

D’ailleurs, puisque l’on parle de vos personnages, voici un modèle de fiche personnage qui vous sera très utile à ce stade de votre projet. Et si ce sont plus que de touts petits bouts de dialogues qui vous viennent en tête, je vous invite à lire cet article sur la façon de construire des dialogues, histoire de rentabiliser à mort cette subite inspiration 🙂

Je me dois de vous le dire (si je pouvais, je sortirais même un gyrophare) : ces moments sont précieux ! Il faut absolument en faire quelque chose. Faites stopper le bus, sortez votre carnet, un crayon, et notez. Là, tout de suite.

C’est votre roman qui commence à se construire. Lorsque vos personnages commencent à occuper votre vie de cette façon, cela veut dire que la machine est en marche. C’est l’inspiration qui s’invite dans la partie. Profitez-en.

Cela est valable pour toute autre scène ou phrase qui vous sauterait dessus au détour d’un coin de rue. Vous avez ouvert les vannes, rappelez-vous.

 

Pratiquer l’imprégnation

Il y a une façon très ludique d’optimiser la récolte d’idées pour un livre sur lequel on travaille. Celle-ci vous autorise à aller traîner sur Netflix, ou à vous relaxer devant un bon livre. Ah Ah… je sens que je vous intéresse.

Ok, je balance le conseil : imaginez que votre roman se déroule à une époque ou dans un lieu bien particulier. Ou encore que vous ayez envie de rendre une atmosphère précise. Il peut alors être très intéressant de passer par une phase d’imprégnation.

 

C’est ce que j’ai fait lorsque j’ai travaillé sur mon deuxième roman. Pour celui-ci, j’avais envie d’une ambiance année 50, teintée d’après-guerre. De campagne, voire même de marais. Quelque chose qui ramènerait à l’enfance aussi… Alors, avant de me lancer dans l’écriture de ce roman, je me suis fait des petites sessions d’imprégnation.

J’ai revu Les Enfants du Marais (en plus j’adore Jacques Gamblin). J’ai relu un peu de Pagnol. Je suis allée faire un tour dans les archives  de l’INA. J’ai même réussi à remettre la main sur quelques épisodes de Zora la Rousse et Silas la vie.

Cela permet de s’immerger dans des ambiances et dans des langues, qui font ensuite naître bien des idées. Honnêtement, c’est vraiment une technique à tester.

 

Se constituer un réservoir d’idées

Et nous amorçons maintenant la phase atterrissage de cet article sur la récolte d’idées pour un livre.

Les vannes ont été ouvertes, les post-it se sont accumulés dans des colonnes qui sont bien remplies. Vous le sentez, le moment d’établir le plan de votre livre va bientôt arriver.

Si j’avais un dernier conseil à vous donner, ça serait le suivant : constituez-vous un réservoir d’idées.

 

Je m’explique. Ça n’est pas parce qu’on entame la suite du travail d’écriture d’un livre, que l’on cesse d’avoir des idées pour alimenter celui-ci. Cependant, d’ici quelques semaines (quelques jours peut-être), vous aurez sans doute enlevé tous les post-it de votre mur pour y accrocher une frise chronologique, ou bien des fiches personnages.

Gardez un petit bout de mur quelque part, ou un fichier word, ou un classeur, sur lequel vous pourrez continuer à venir déposer des idées dont vous ne voyez pas forcément encore très bien à quoi elles pourraient vous servir (celles qui ont un impact direct sur un personnage ou la chronologie seront à exploiter immédiatement).

Ce réservoir d’idées est une mine d’or. Parfois vous y reviendrez et y trouverez un élément qui vous permettra de débloquer un chapitre dans lequel il vous manquait un petit quelque chose. Parfois, vous y déposerez une idée qui, sans que vous vous en doutiez le moins du monde, pourrait être le point de départ d’un prochain livre à écrire.

 

La récolte d'idées pour un livreEh bien, nous voilà à la fin du travail de récolte d’idées pour un livre. J’espère que vous avez apprécié le voyage et que cela vous aura donné envie de voyager de nouveau avec notre compagnie. Ok, il est temps que j’arrête de me prendre pour une hôtesse de l’air et que je redevienne un peu sérieuse.

 

Vous avez une question ? Une astuce à partager ? Cool… Laissez-moi un commentaire, je serai ravie d’avoir votre avis sur cet article.

 

 

 

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