Publier sous pseudonyme | Les inconvénients

Préserver son anonymat lorsque l’on publie un livre, c’est le choix que font de nombreux auteurs. On parle souvent des avantages à publier sous pseudonyme. On parle moins des petits et gros inconvénients que l’on peut rencontrer en telle situation. Frein à la promotion, imbroglios administratifs, complications dans votre vie d’écrivain… Je vous explique ici ce qui vous attend au quotidien, si vous faites le choix d’écrire sous un nom de plume. Non pas pour vous en dissuader, mais plutôt pour que vous soyez paré à toute éventualité.

 

Publier sous pseudonyme peut être un frein à la promotion d’un livre

Un écrivain peut-il rester anonyme sans que son livre ne passe inaperçu ? Voici un très bon sujet de dissertation, vous ne trouvez pas ? On peut en effet se poser la question. Comment gérer la promotion d’un livre, lorsque que l’on ne souhaite pas être identifié ?

En réalité, je pense que le recours à un pseudonyme ne sera un frein que dans certains cas de figure.

 

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Lorsque l’on ne souhaite pas être reconnu

Si vous publiez un livre sous un nom d’emprunt pour ne pas être reconnu, y compris par votre cercle proche, alors oui, le recours au pseudonyme pourrait être un obstacle à la publicité qui sera faite autour de votre livre. Les outils classiques utilisés lors de la phase de promotion du livre ne pourront pas être utilisés de la même manière.

Pas de photo de vous, pas d’interview, pas d’article dans la presse locale ni de communiqué de presse évoquant votre lieu d’habitation ou votre métier.

Certes.

Mais cela peut également donner lieu à une communication un peu plus audacieuse, qui jouerait sur cet anonymat et entretiendrait le mystère. Et ne dit-on pas que le mystère fait vendre ?

 

Lorsque l’on utilise plusieurs pseudonymes

Si vous avez choisi de publier sous pseudonyme dans plusieurs genres différents et que vous préférez compartimenter pour des raisons qui vous sont propres, alors les choses pourraient également devenir compliquées.

Prenons l’exemple d’un auteur qui publierait en littérature jeunesse, et parallèlement en littérature érotique ou en presse satyrique. On peut imaginer qu’il préfère cloisonner ces deux types d’activités et choisir à chaque fois avec un pseudonyme différent. .

Dans ce cas, il est possible d’être connu et reconnu sous un nom pour l’un des domaines, et de publier de façons totalement anonyme pour l’autre. Cela impliquera de ne pas être identifiable pour l’une des activités. Cette pratique est courante. À tel point que lorsque j’ai publié mon roman en littérature générale (après avoir publié deux romans en littérature jeunesse), on m’a plusieurs fois demandé si j’allais publier ce livre sous le même nom.

Dans ce cas, la promotion dans l’un des secteurs sera effectivement un peu plus délicate. Mais pas impossible.

 

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Publier sous un nom de plume

 

Les petites embûches administratives lorsque l’on utilise un pseudonyme pour écrire

On ne s’en rend pas forcément compte lorsque l’on choisit de publier ses livres sous pseudonyme, mais ce choix peut réserver quelques surprises administratives.

 

Les contrats d’édition

C’est lors de l’établissement du contrat d’édition que l’option pseudonyme commence à marquer sa différence. Car il vous faudra bien spécifier à votre maison d’édition que vous avez un nom d’usage, mais que le livre sera publié sous un autre nom.

Une fois rédigé, le contrat d’édition stipulera « publié sous le pseudonyme xxx ».

Gardez bien ce contrat, qui indique vos deux noms (d’une manière générale, gardez tous vos contrats d’édition, d’ailleurs). Il pourrait se révéler très utile.

 

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Le compte bancaire

À un moment dans votre carrière d’écrivain, la question du compte bancaire va peut-être se poser. Rassurez-vous, lorsque vous signerez votre contrat d’édition et que votre maison d’édition procédera au paiement de votre avance sur droits d’auteur, tout se passera bien. Vous aurez fourni un RIB avec votre vrai nom, et le service comptabilité de la maison d’édition vous fera un virement sans sourciller.

Pareil pour vos droits d’auteurs après publication, ou vos droits SOFIA (si c’est votre éditeur qui les gère).

Par contre, lorsque vous établirez des notes d’auteur (pour des interventions en milieu scolaire, ou pour des séances de lecture, etc.), la question risque de se poser. Ces prestations annexes vous seront parfois (souvent) payées par chèque. Et quel nom la structure devra-t-elle utiliser pour que vous puissiez ensuite encaisser celui-ci ?

Hum… pas simple, n’est-ce pas ?

En d’autres termes, il vous faudra parfois indiquer votre vrai nom pour espérer pouvoir encaisser un chèque sans que votre banque ne vous pose problème.

 

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Les inconvénients à publier sous pseudonyme

 

Les envois postaux

Imaginez la scène. Votre livre va sortir dans quelques jours. Votre maison d’édition vous a expédié un carton rempli de vos exemplaires auteur. Oui, peut-être ne le saviez-vous pas, mais au moment de la parution d’un livre (au moment de sa sortie des presses de l’imprimerie, même, pour être tout à fait précis), vous recevrez des exemplaires gratuits de votre livre. Cool, n’est-ce pas ? Même que le nombre est inscrit sur votre contrat d’édition (et que vous pouvez le négocier, s’il vous semble trop bas).

Bref, le carton est arrivé, mais vous étiez en vacances (ça m’est arrivé, je vous raconte ça ici). Vous voilà avec un avis de passage sur lequel figure votre pseudonyme (car l’employé de l’imprimerie qui a fait le carton n’a aucune idée de votre nom d’usage). Face à un postier qui vous réclame une pièce d’identité pour vous délivrer votre colis. Pièce d’identité sur laquelle ne figure pas votre pseudonyme.

Comment se sortir de cette situation ubuesque (ou kafkaïenne, selon vos préférences littéraires) ? Grâce à votre contrat d’édition ! Il sera le seul document qui vous sauvera d’une telle situation. Je vous avais bien dit de le garder précieusement !

 

 

Les autres points de vigilance lorsque l’on écrit sous pseudonyme

Il reste encore quelques points de vigilance auxquels vous devrez prêter attention si vous ne souhaitez pas faire voler en éclat votre couverture, ou vous retrouver dans une posture épineuse.

 

Cloisonner ses réseaux sociaux

Si vous faites partie des auteurs actifs sur les réseaux sociaux, alors vous allez devoir faire preuve de rigueur et cloisonner scrupuleusement vos comptes. Personnellement, je vous recommande de ne pas trop mêler vie privée et vie d’auteur sur vos pages Facebook et comptes Instagram.

Du moins au début, le temps d’apprendre à gérer cette gymnastique particulière, qui vous obligera à vous appeler d’une certaine manière auprès de vos lecteurs, et d’une autre auprès de votre famille et de vos amis (sachant que les seconds font également partie de la première catégorie).

 

Bien gérer les séances de dédicaces

Dans la vraie vie, on est tellement habitué à signer toutes sortes de documents, que l’on n’y réfléchit plus. On signe. Point barre.

En dédicace, le même exercice vous sera demandé. Sauf que vous devrez signer sous un autre nom. Et l’exercice est loin d’être naturel.
Si vous utiliser un pseudonyme pour vos livres, méfiez-vous des automatismes. Sans quoi, vos lecteurs pourraient se retrouver avec votre vraie signature en guise de dédicace.

 

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Ne pas être embêté lors d’un déplacement sur un salon littéraire

Pour clôturer cet article sur les inconvénients petit ou grands d’un pseudonyme, laissez-moi vous raconter une anecdote (vraie et récente).

Lors de mon voyage à la Foire du livre de Brive (que je vous raconte en détail, et avec une jolie vidéo, ici), j’ai pris l’avion des auteurs. Nous étions donc une cinquantaine d’auteurs et d’éditeurs sur le tarmac de l’aéroport d’Orly un matin de novembre. Levés tôt et prêts au décollage. Lorsque le pilote nous avertit que nous partirions en retard à cause d’un souci avec l’embarquement d’un passager.

La raison en était que l’un des auteurs (je ne dirai pas qui) était attendu sous un nom différent de celui qui figurait sur sa carte d’identité. Difficile de prouver que vous n’êtes pas un usurpateur quand aucun document n’atteste que vous êtes qui vous êtes, et aussi un autre. Euh, je crois que je viens d’écrire la phrase la moins claire de l’histoire de ce blog…

 

Publier sous pseudonyme, cela reste votre choix

Publier sous pseudonymeMéprises postales, soucis d’embarquement, imbroglios bancaires, etc. Voici un article qui a décidé de se coltiner le quotidien pour vous aider à vous prémunir de péripéties qui peuvent être drôles à raconter, mais qui peuvent également vous compliquer la vie à un point que vous n’aviez pas soupçonné.

Encore une fois, il ne s’agit pas de vous décourager de choisir un pseudonyme. J’ai même écrit un article spécial pour passer en revue les avantages de cette option. J’avais plutôt envie de vous aider à anticiper certaines difficultés (pas insurmontables).

 

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Si cet article vous a aidé, laissez-moi un commentaire ! Et si vous avez une anecdote amusante à raconter sur le sujet, eh bien… laissez-moi aussi un commentaire 😉

 

9 commentaires

  • pascale

    Bonjour
    Je trouve effectivement cet article très utile et clair pour être édité (livre papier) mais tu ne parles pas de l’édition en ebook. Comment cela se passe si l’on choisit cette option ? Merci pour ta réponse et pour tes articles très complets
    Pour ce qui est du coach j’ai commencé une formation avec un auteur sur le web. Je commence seulement donc je ne peux encore dire ce que j’en pense.

    • Cécile

      Bonjour Pascale,
      Je crois qu’il faut suivre la même logique pour toute publication.
      Car, après tout, on n’est pas à l’abri d’éditer au format papier ou même d’être édité par un éditeur qui fera de la promotion pour notre livre, après être passé par l’auto-édition.

  • céline

    bonsoir,
    je suis prête à envoyer mon manuscrit à différentes maisons d’édition que j’ai sélectionné;
    un détail me bloque :
    puis-je le présenter sous un nom de plume ou trop prétentieux encore à cette étape, est-il préférable d’inscrire son vrai nom seulement ?
    car j’ai lu qu’il est déconseillé de fournir dédicaces et quatrième de couverture , considéré comme trop prétentieux ; même régime pour le pseudo ?
    dans l’attente
    bien cordialement
    céline

  • Rosset

    Bonjour,
    J’ai commencé à écrire un essai sur une histoire vécue récemment : il s’agit d’un abus de faiblesse qui aurait pu avoir des conséquences désatreuses pour la personne en état de faiblesse.
    Tous les protagonistes de cette histoire sont encore vivants mais pour des raisons qui me sont propres, je ne souhaite pas attaquer en justice malgré les conseils de spécialistes du droit.
    Dans cette histoire, la personne en état de faiblesse s’en sort bien et c’est le prinicipal. Toutefois, mon petit côté engagé et militant me pousse à écrire pour raconter et ainsi contribuer à éviter ce type de danger grave à toute autre personne à l’avenir d’autant que ce type d’aventures ne peut que se reproduire de plus en plus souvent dans la société d’aujourd’hui.
    En racontant cette histoire, il y a bien entendu une personne qui sera présentée comme coupable. Par ailleurs il est très probable que d’autres personnes la reconnaissent dans son entourage.
    Je compte donc bien entendu publier cet essai sous un pseudo (si j’arrive au bout de l’écriture) mais je voudrais savoir si je dois prendre d’autres précautions pour éviter d’être moi-même attaquée en justice ?
    Je ne pense pas que la personne le ferait parce que ce serait par la même occasion avouer qu’elle se reconnait dans les faits fautifs relatés ce qui pourrait être utilisé contre elle mais je préfère ne rien laisser au hasard.
    Bien sûr les noms, prénoms, lieux géographiques … seraient tous modifiés aussi.
    Quels seraient vos conseils ? Que répondre aux gens qui pourraient m’interroger en reconnaissant l’histoire ? Mentir pour préserver l’anonymat (effectivement, ça ressemble beaucoup à ce que j’ai vécu mais ça n’est pas la même histoire !) ? Ou répondre la vérité ?
    Merci d’avance pour votre aide.
    Cordialement,

    • Cécile

      Bonjour,
      Je comprends votre problématique, mais malheureusement, n’étant ni juriste, ni avocate, je ne suis pas habilitée à répondre à vos questions.
      Je vous invite à vous rapprocher d’un avocat ou d’un juriste pour lui demander son avis sur la question. Cela me semble plus sûr.

      Cécile

  • Christian BACHER

    Aïe ! ouille ! ! !
    Dans votre texte, vous écrivez [que l’on, n’y réfléchiS plus] (sic).
    Certes, je sais que que le style, l’orthographe… « foutent le camp ». Mais quand même… D’autant qu’il existe d’excellents correcteurs orthographiques.
    Vous me rétorquerez peut-être qu’une faute d’inattention n’est pas si grave que cela. Certes ! Mais sur un texte relativement court, destiné à être lu – en principe – par bon nombre de personnes, un peu de rigueur ne serait pas mal venue.
    Quelle tristesse !
    christian BACHER

    • Cécile

      Bonjour Christian,
      Merci pour votre commentaire.
      Effectivement, mon article comportait une erreur d’inattention, qui est maintenant corrigée.

      Ceci dit, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur le fait qu’entre choisir de me signaler cette faute avec bienveillance ou m’accuser de manquer de rigueur et me fustiger d’un « Quelle tristesse ! », vous ayez sciemment choisi la seconde option. À mon sens, ça serait plutôt ici que viendrait se loger la tristesse de la situation, mais chacun sera juge.

      Bien cordialement,
      Cécile

      PS : je ressens malgré tout un peu d’empathie et d’amusement en imaginant votre réaction lorsque vous relirez votre commentaire, sans doute écrit à la hâte, et que votre regard sera attiré par les fautes d’inattention qui s’y sont glissées. Et ma conclusion à tout cela sera qu’effectivement, ça n’est pas si grave 😊

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